Partie II ~ En un bruissement du vent dans un champ de coquelicots sauvages(suite de
l'attente)
Allongé dans un champ de coquelicots
A côté de Marzena mon amie d’enfance,
Je lui contais mon aventure en France,
Combien tout était si différent et si beau,
Dans cette terre en apparence si accueillante,
Mais aussi combien mon pays,
M’avait tant manqué, et que j’avais bien senti
Qu’il y avait une partie moins souriante
Dans ce pays pourtant si alléchant.
La solitude, la misère cachée,
Ces gens si individualistes et si indifférents,
La beauté hypocrite dans toute sa splendeur et sa monstruosité
Le culte de l’égoïsme et du profit à tout prix
Et leur grande anorexie du cœur.
Ils ont tout mais ne connaissent pas de bonheur,
Et de conclure que je trouvais que c’était un beau gâchis !
Pourtant j’évoquais aussi
La bonne cuisine que l’on pouvait y trouver,
Le climat plus clément et le confort béni !
Ainsi que la sympathie tout de même de quelques débuts de relations nouées .
Et puis nous avons refait le monde,
Au son des abeilles les fleurs butinant ;
Pourquoi le monde ne tournait pas correctement,
Alors que la terre était toujours aussi ronde.
Des sujets existentiels graves, certes, mais qui cependant,
Nous paraissaient si légers,
Tellement heureux que nous étions d’être là dans ce champ,
Goûtant le plaisir simple d’être ensemble à rêvasser.
Dans notre pays on est pas riche et pourtant,
Il y a tellement entre nous, il y a tant,
Qu’ils nous arrivent tout de même parfois de croiser le bonheur
Avec trois fois rien !
On a grignoté quelques tartines de pain,
Tout nous paraissait si lointain,
Perdu que nous étions dans nos rêveries.
J’étais si heureux d’être chez moi dans ma patrie.
On s’est un peu l’un contre l’autre serré,
On était si bien le nez caressé
Par la brise qui s’était levée,
Sa main dans ma main refermée,
Ses longs cheveux blonds qui ondulaient
Dans le petit vent léger,
Un pur moment de bonheur !
Et puis soudain en un bruissement
Du vent dans le champ de coquelicots,
Je sentis comme une grosse épine me perforant,
En plein dans le cœur, accompagnée de grands maux.
L’irrépressible sentiment d’avoir oublié
Quelque chose d’essentiel et important
Et tout d’un coup comme une révélation foudroyante et inopinée,
Un prénom sur mes lèvres se dessina instinctivement,
Au travers des nuages je distinguais une silhouette, un visage, un sourire,
Un si beau sourire !
Et un rire joyeux plein de fraîcheur
Résonna dans ma tête, dans mon cœur
Epris soudainement d’une grande fébrilité.
Je venais de prendre conscience pour moi d’une grande vérité !
A suivre…
© Delphine G.]

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